Comment pratiquer le edging ?

Auteur de l'article: Estelle SERRES
Article publié sur le site: 4 mars 2026
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Avez-vous déjà entendu parler du edging ? Cette pratique que l’on peut traduire par “contrôle de l’orgasme” est une technique parfaite pour repousser les limites de la sexualité traditionnelle et explorer de nouvelles sensations plus intenses.

En quelques mots, pratiquer le edging consiste à prendre le contrôle de son l’orgasme ou de celui de son ou sa partenaire afin de le retarder, le prolonger puis le décupler. Le edging peut se pratiquer en solo ou en couple. 

C’est une belle technique pour décupler ses ressentis, mettre le focus sur la montée progressive du plaisir et de l’excitation, davantage que sur l’orgasme. Le edging vous permet de sortir des scripts sexuels pré-établis, de revenir au corps, aux ressentis, à l’harmonie des corps. 

Si la promesse est belle, le edging n’est pas si facile à pratiquer. On vous explique tout, pas à pas. 

Qu’est-ce que le edging ? 

Une petite définition du edging 

“Edge” signifie “bord” en anglais. Le edging, c’est donc littéralement aller au bord de l’orgasme. Vous le frôlez, vous le tutoyez mais ne vous y abandonnez pas encore ou pas du tout.

Il y a 3 sous notions dans le edging ou plus largement, dans le contrôle de l’orgasme : 

On peut parler de peaking, de surfing ou d’orgasm denial. 

  • Le Peaking se concentre sur une série de montées et descentes du plaisir avec une libération finale programmée plus intense. On parle en général de 3 à 5 cycles avant la libération.

  • Le Surfing maintient un état d'excitation prolongé du plateau. On parle de chevaucher la vague plutôt que de faire des montées et descentes. C’est un maintien de l'excitation à un niveau élevé (exemple à 7/10), pendant une période prolongée. Le cerveau continue de produire de la dopamine en continu, sans atteindre le point de libération complet. C’est une expérience méditative.

  • L’orgasm denial refuse complètement l'accès à l'orgasme comme pratique d'intensification psychosexuelle. Cette pratique peut être traitée à part et notamment dans le cadre du Tease and Denial  BDSM.

Vous l’avez peut-être remarqué, de nombreuses pratiques sexuelles permettent aujourd’hui de se décentrer de l’orgasme pour revenir au souffle, au contrôle, aux ressentis. Ces techniques sont pour beaucoup inspirées du tantrisme, le volet plus spirituel de la sexualité. 

Le edging ne fait pas exception. L’objectif est de vous rendre disponible pour accéder à des sensations plus intenses, plus authentiques et plus puissantes, en vous libérant des injonctions de performance. Vous ne cédez plus à l’appel du plaisir immédiat mais apprenez le contrôle et la gestion de la frustration. 

Si le terme « edging » est relativement récent, la pratique en elle-même repose sur des fondations bien plus anciennes, présentes dans de nombreuses traditions sexuelles et spirituelles à travers l’histoire, et théorisées en Occident à partir de la fin du XIXᵉ siècle.

Les origines du edging : une pratique ancienne, théorisée progressivement

Contrairement aux idées reçues, le edging n’est pas une pratique moderne. Ses racines plongent dans des enseignements anciens, notamment taoïstes et tantriques, dans lesquels la gestion de l’énergie sexuelle, la lenteur et le contrôle de l’orgasme occupaient déjà une place centrale. L’objectif n’était pas la jouissance immédiate, mais l’harmonie du corps, du souffle et de l’esprit.

En Occident, la première théorisation documentée de cette approche apparaît en 1896 avec Alice Bunker Stockham, qui développe le concept de Karezza. Cette pratique repose sur une sexualité sans recherche systématique de l’orgasme, privilégiant la connexion, la continuité du plaisir et la présence à l’autre, en mode slow sex.

À la charnière des XIXᵉ et XXᵉ siècles, des figures majeures de la sexologie comme Havelock Ellis participent à la normalisation scientifique des comportements sexuels, ouvrant la voie à une compréhension plus fine des mécanismes du désir et de l’excitation.

Dans les années 1960 et 1970, les travaux de William Masters et Virginia Johnson marquent un tournant décisif. Leur étude de la réponse sexuelle humaine et plus précisément, féminine, met en lumière la phase de plateau, durant laquelle l’excitation peut être maintenue sans atteindre immédiatement l’orgasme. Cette observation constitue une base scientifique essentielle à la compréhension du edging.

C’est également à cette période que Alex Comfort, avec son ouvrage The Joy of Sex, contribue à rendre ces pratiques accessibles au grand public, en faisant le pont entre recherche scientifique, liberté sexuelle et culture populaire.

Enfin, dans une approche plus contemporaine, Mantak Chia propose une synthèse moderne entre traditions ancestrales et sexualité occidentale. À travers ses enseignements taoïstes, il remet au cœur de la sexualité la circulation de l’énergie, la maîtrise de l’excitation et l’exploration du plaisir dans la durée, des principes pleinement alignés avec le edging tel qu’il est pratiqué aujourd’hui.

Comment le edging peut-il réveiller votre intimité ? 

Le edging s’inscrit à l’encontre des codes de la sexualité traditionnelle, centrée sur la performance, la quête de l’orgasme rapide et de la jouissance instantanée. Cette caricature très performative de la sexualité est notamment le résultat des codes véhiculés à grande échelle par le contenu pornographique. 

Et si, pour une fois, l’orgasme n’était plus une fin en soi ? 

Et si on remettait l’expérience au centre de nos rapports sexuels ? 

Le edging propose de savourer les mouvements, les discussions, les caresses, les variations de rythme… tout ce qui permet de s’approcher de la jouissance sans l’atteindre de suite (ou tout court). C’est une pratique qui prône la lenteur et remet la lumière sur la montée progressive du désir. 

C’est un excellent moyen de vous réapproprier votre corps, que vous soyez seul ou accompagné. 

Comment pratiquer le edging avec son ou sa partenaire ? 

Communiquer avant le rapport 

Comme toute pratique qui sort des sentiers battus, le edging commence bien avant le premier frisson. La communication est essentielle. Il est important qu’aucun partenaire ne soit pris par surprise : le edging repose sur le consentement, la confiance et l’alignement des envies.

Prenez le temps d’échanger en amont. Verbalisez vos attentes, vos curiosités, mais aussi vos limites. Souhaitez-vous vivre cela comme un jeu ? Une exploration sensorielle ? Un moyen de renforcer votre connexion ? Clarifier l’intention permet de débuter le rapport avec une vision commune et rassurante.

Pendant l’acte, restez attentif aux réactions de l’autre : respirations, tensions du corps, sons, mouvements. Vous pouvez également définir un mot de sécurité (safe-word) qui permet d’interrompre immédiatement le rapport si l’un de vous en ressent le besoin. Le edging ne doit jamais être vécu comme une contrainte, mais comme une expérience partagée et choisie.

Varier les intensités 

Le edging est avant tout une question de rythme et d’harmonie entre les corps. Commencez lentement, avec des mouvements doux, progressifs. Prenez le temps de caresser, de murmurer, de dire ce que vous aimez ou ce qui vous fait vibrer.

Alternez les phases lentes avec des moments plus intenses. Accélérez, puis ralentissez à nouveau. Allez chercher les gestes, les positions ou les zones du corps qui font monter l’excitation… jusqu’à frôler l’orgasme. Et juste avant de basculer, revenez en arrière.

Tout l’art du edging réside dans cette capacité à s’arrêter au bon moment. Cela demande une grande écoute de soi, de l’autre et une bonne communication : apprendre à reconnaître ses souffles, les tensions de son corps, la cambrure, les micro-signaux qui indiquent que le plaisir est à son apogée. C’est pourquoi le edging est souvent plus fluide avec un partenaire régulier, avec qui une forme de langage corporel s’installe au fil du temps.

Le edging, le T&D et le edgeplay dans le BDSM : quelle différence ? 

Dans le edging, on contrôle son propre orgasme en s'arrêtant ou ralentissant. En couple, le partenaire qui stimule est aussi à l’écoute des sensations de celui qui “reçoit” pour l’écouter et s'arrêter ou ralentir au bon moment. L’objectif est de jouer avec les limites pour finir (ou non) en apothéose, quand on le souhaite. Ici, il n’est jamais question de faire souffrir, mais d’accentuer davantage le plaisir en le faisant durer. Si une “frustration” est ressentie, elle est volontaire, ludique et consentie, pour un plaisir plus intense. 

Dans le Tease and Denial,que l’on peut traduire par « excitation et privation », il y a une relation de Dominant et de Soumis. Une personne dont l’orgasme est contrôlé, et une personne qui prend ce contrôle. Cette notion de D/S se retrouve essentiellement dans la pratique BDSM du T&D. Celui ou celle qui contrôle décide si, quand et comment l’orgasme sera autorisé… ou non. Cela implique une immense confiance et une capacité à se livrer pleinement à l’autre.

Le T&D consiste donc à stimuler volontairement le désir et l’excitation d’une personne tout en retardant ou en refusant l’orgasme, de manière ludique, consentie et contrôlée.

À la fin du rapport, l’orgasme peut devenir une véritable délivrance, ou être retenu encore un peu, selon l’envie du moment. Lorsqu’il survient, il est souvent vécu comme plus intense, plus profond, presque libérateur.

Le edging et le T&D s’inscrivent plus largement dans ce que l’on appelle le contrôle de l’orgasme (Orgasm Control) : une dynamique dans laquelle le plaisir, son rythme et son aboutissement deviennent un terrain de jeu relationnel et sensoriel.

Concernant le edgeplay, Il est important de ne pas le confondre avec le edging car cela désigne un tout autre ensemble de pratiques BDSM. L’edgeplay regroupe des jeux dits « à risque » ou plus extrêmes, tels que les jeux de respiration (asphyxie érotique), les jeux avec le feu, les couteaux, la peur, les variations de température, la cire chaude ou encore certaines formes de jeux de consentement non-consensuel simulé. Contrairement au edging, ces pratiques nécessitent une expertise avancée, des règles de sécurité strictes et une connaissance approfondie des limites de chacun.

Peut-on pratiquer le edging en solo ? 

Oui, absolument, lors de  la masturbation . D’ailleurs, commencer en solo est souvent une très bonne idée avant de le pratiquer à deux. Cela permet d’appréhender votre seuil de tolérance à la frustration et d’identifier ce qui fonctionne spécifiquement pour vous. Le edging demande un peu d’entraînement : il faut parfois du temps pour trouver le bon équilibre entre excitation et contrôle. Mais avec la pratique, les sensations peuvent devenir vertigineuses.

C’est une excellente manière d’apprendre à mieux connaître votre corps, à comprendre comment il réagit à certaines stimulations, quels gestes, rythmes ou pressions vous font basculer. Vous pouvez pratiquer le edging avec vos mains ou avec un sextoy, selon vos préférences.

Pour stimuler le pénis, nous conseillons le cockring non vibrant pour retarder et intensifier le plaisir. La stimulation du frein est également un excellent moyen de cibler une zone précise tout en prenant le temps de faire monter l’excitation et de jouer avec les limites.

Pour stimuler le clitoris ou le vagin en edging, nous conseillons le wand pour des massages progressif et un stimulateur clitoridien à doigt  comme le Touch Me ou le Kisscool de Love to Love pour mieux garder le contrôle de ses sensations.

Pour aller plus loin dans sa pratique, le Gooning est tendance ces dernières années. Il s’agit de surfer sur la vague du plateau pour atteindre un niveau de “goon” , c'est-à dire, une dissolution de la conscience, un état de transe. 

Pourquoi pratiquer le edging ? 

Le edging offre de nombreux bienfaits, tant sur le plan physique qu’émotionnel.

Il renforce la confiance en soi car il permet de mieux comprendre son corps, d’explorer ses limites, ses zones de plaisir, sa relation à la frustration et au lâcher-prise.

En couple, il permet de prolonger et d’intensifier la relation dans l’intimité en prenant le temps de mieux se découvrir et se connaître. 

Le edging aide à réinventer les rapports sexuels, en sortant de l’anxiété de performance et de la quête de l’orgasme à tout prix. Il invite à être pleinement présent, attentif aux micro-réactions, même les plus inconscientes.

Enfin, lorsque l’orgasme survient, il est souvent vécu comme plus intense, plus ample, plus profondément savouré, parce qu’il a été attendu, retenu, désiré.

Le edging n’est pas une technique à maîtriser à la perfection, mais une invitation à ralentir, à ressentir et à redonner au plaisir toute sa profondeur.

Avez-vous déjà entendu parler du edging ? Cette pratique que l’on peut traduire par “contrôle de l’orgasme” est une technique parfaite pour repousser les limites de la sexualité traditionnelle et explorer de nouvelles sensations plus intenses.

En quelques mots, pratiquer le edging consiste à prendre le contrôle de son l’orgasme ou de celui de son ou sa partenaire afin de le retarder, le prolonger puis le décupler. Le edging peut se pratiquer en solo ou en couple. 

C’est une belle technique pour décupler ses ressentis, mettre le focus sur la montée progressive du plaisir et de l’excitation, davantage que sur l’orgasme. Le edging vous permet de sortir des scripts sexuels pré-établis, de revenir au corps, aux ressentis, à l’harmonie des corps. 

Si la promesse est belle, le edging n’est pas si facile à pratiquer. On vous explique tout, pas à pas. 

Qu’est-ce que le edging ? 

Une petite définition du edging 

“Edge” signifie “bord” en anglais. Le edging, c’est donc littéralement aller au bord de l’orgasme. Vous le frôlez, vous le tutoyez mais ne vous y abandonnez pas encore ou pas du tout.

Il y a 3 sous notions dans le edging ou plus largement, dans le contrôle de l’orgasme : 

On peut parler de peaking, de surfing ou d’orgasm denial. 

  • Le Peaking se concentre sur une série de montées et descentes du plaisir avec une libération finale programmée plus intense. On parle en général de 3 à 5 cycles avant la libération.

  • Le Surfing maintient un état d'excitation prolongé du plateau. On parle de chevaucher la vague plutôt que de faire des montées et descentes. C’est un maintien de l'excitation à un niveau élevé (exemple à 7/10), pendant une période prolongée. Le cerveau continue de produire de la dopamine en continu, sans atteindre le point de libération complet. C’est une expérience méditative.

  • L’orgasm denial refuse complètement l'accès à l'orgasme comme pratique d'intensification psychosexuelle. Cette pratique peut être traitée à part et notamment dans le cadre du Tease and Denial  BDSM.

Vous l’avez peut-être remarqué, de nombreuses pratiques sexuelles permettent aujourd’hui de se décentrer de l’orgasme pour revenir au souffle, au contrôle, aux ressentis. Ces techniques sont pour beaucoup inspirées du tantrisme, le volet plus spirituel de la sexualité. 

Le edging ne fait pas exception. L’objectif est de vous rendre disponible pour accéder à des sensations plus intenses, plus authentiques et plus puissantes, en vous libérant des injonctions de performance. Vous ne cédez plus à l’appel du plaisir immédiat mais apprenez le contrôle et la gestion de la frustration. 

Si le terme « edging » est relativement récent, la pratique en elle-même repose sur des fondations bien plus anciennes, présentes dans de nombreuses traditions sexuelles et spirituelles à travers l’histoire, et théorisées en Occident à partir de la fin du XIXᵉ siècle.

Les origines du edging : une pratique ancienne, théorisée progressivement

Contrairement aux idées reçues, le edging n’est pas une pratique moderne. Ses racines plongent dans des enseignements anciens, notamment taoïstes et tantriques, dans lesquels la gestion de l’énergie sexuelle, la lenteur et le contrôle de l’orgasme occupaient déjà une place centrale. L’objectif n’était pas la jouissance immédiate, mais l’harmonie du corps, du souffle et de l’esprit.

En Occident, la première théorisation documentée de cette approche apparaît en 1896 avec Alice Bunker Stockham, qui développe le concept de Karezza. Cette pratique repose sur une sexualité sans recherche systématique de l’orgasme, privilégiant la connexion, la continuité du plaisir et la présence à l’autre, en mode slow sex.

À la charnière des XIXᵉ et XXᵉ siècles, des figures majeures de la sexologie comme Havelock Ellis participent à la normalisation scientifique des comportements sexuels, ouvrant la voie à une compréhension plus fine des mécanismes du désir et de l’excitation.

Dans les années 1960 et 1970, les travaux de William Masters et Virginia Johnson marquent un tournant décisif. Leur étude de la réponse sexuelle humaine et plus précisément, féminine, met en lumière la phase de plateau, durant laquelle l’excitation peut être maintenue sans atteindre immédiatement l’orgasme. Cette observation constitue une base scientifique essentielle à la compréhension du edging.

C’est également à cette période que Alex Comfort, avec son ouvrage The Joy of Sex, contribue à rendre ces pratiques accessibles au grand public, en faisant le pont entre recherche scientifique, liberté sexuelle et culture populaire.

Enfin, dans une approche plus contemporaine, Mantak Chia propose une synthèse moderne entre traditions ancestrales et sexualité occidentale. À travers ses enseignements taoïstes, il remet au cœur de la sexualité la circulation de l’énergie, la maîtrise de l’excitation et l’exploration du plaisir dans la durée, des principes pleinement alignés avec le edging tel qu’il est pratiqué aujourd’hui.

Comment le edging peut-il réveiller votre intimité ? 

Le edging s’inscrit à l’encontre des codes de la sexualité traditionnelle, centrée sur la performance, la quête de l’orgasme rapide et de la jouissance instantanée. Cette caricature très performative de la sexualité est notamment le résultat des codes véhiculés à grande échelle par le contenu pornographique. 

Et si, pour une fois, l’orgasme n’était plus une fin en soi ? 

Et si on remettait l’expérience au centre de nos rapports sexuels ? 

Le edging propose de savourer les mouvements, les discussions, les caresses, les variations de rythme… tout ce qui permet de s’approcher de la jouissance sans l’atteindre de suite (ou tout court). C’est une pratique qui prône la lenteur et remet la lumière sur la montée progressive du désir. 

C’est un excellent moyen de vous réapproprier votre corps, que vous soyez seul ou accompagné. 

Comment pratiquer le edging avec son ou sa partenaire ? 

Communiquer avant le rapport 

Comme toute pratique qui sort des sentiers battus, le edging commence bien avant le premier frisson. La communication est essentielle. Il est important qu’aucun partenaire ne soit pris par surprise : le edging repose sur le consentement, la confiance et l’alignement des envies.

Prenez le temps d’échanger en amont. Verbalisez vos attentes, vos curiosités, mais aussi vos limites. Souhaitez-vous vivre cela comme un jeu ? Une exploration sensorielle ? Un moyen de renforcer votre connexion ? Clarifier l’intention permet de débuter le rapport avec une vision commune et rassurante.

Pendant l’acte, restez attentif aux réactions de l’autre : respirations, tensions du corps, sons, mouvements. Vous pouvez également définir un mot de sécurité (safe-word) qui permet d’interrompre immédiatement le rapport si l’un de vous en ressent le besoin. Le edging ne doit jamais être vécu comme une contrainte, mais comme une expérience partagée et choisie.

Varier les intensités 

Le edging est avant tout une question de rythme et d’harmonie entre les corps. Commencez lentement, avec des mouvements doux, progressifs. Prenez le temps de caresser, de murmurer, de dire ce que vous aimez ou ce qui vous fait vibrer.

Alternez les phases lentes avec des moments plus intenses. Accélérez, puis ralentissez à nouveau. Allez chercher les gestes, les positions ou les zones du corps qui font monter l’excitation… jusqu’à frôler l’orgasme. Et juste avant de basculer, revenez en arrière.

Tout l’art du edging réside dans cette capacité à s’arrêter au bon moment. Cela demande une grande écoute de soi, de l’autre et une bonne communication : apprendre à reconnaître ses souffles, les tensions de son corps, la cambrure, les micro-signaux qui indiquent que le plaisir est à son apogée. C’est pourquoi le edging est souvent plus fluide avec un partenaire régulier, avec qui une forme de langage corporel s’installe au fil du temps.

Le edging, le T&D et le edgeplay dans le BDSM : quelle différence ? 

Dans le edging, on contrôle son propre orgasme en s'arrêtant ou ralentissant. En couple, le partenaire qui stimule est aussi à l’écoute des sensations de celui qui “reçoit” pour l’écouter et s'arrêter ou ralentir au bon moment. L’objectif est de jouer avec les limites pour finir (ou non) en apothéose, quand on le souhaite. Ici, il n’est jamais question de faire souffrir, mais d’accentuer davantage le plaisir en le faisant durer. Si une “frustration” est ressentie, elle est volontaire, ludique et consentie, pour un plaisir plus intense. 

Dans le Tease and Denial,que l’on peut traduire par « excitation et privation », il y a une relation de Dominant et de Soumis. Une personne dont l’orgasme est contrôlé, et une personne qui prend ce contrôle. Cette notion de D/S se retrouve essentiellement dans la pratique BDSM du T&D. Celui ou celle qui contrôle décide si, quand et comment l’orgasme sera autorisé… ou non. Cela implique une immense confiance et une capacité à se livrer pleinement à l’autre.

Le T&D consiste donc à stimuler volontairement le désir et l’excitation d’une personne tout en retardant ou en refusant l’orgasme, de manière ludique, consentie et contrôlée.

À la fin du rapport, l’orgasme peut devenir une véritable délivrance, ou être retenu encore un peu, selon l’envie du moment. Lorsqu’il survient, il est souvent vécu comme plus intense, plus profond, presque libérateur.

Le edging et le T&D s’inscrivent plus largement dans ce que l’on appelle le contrôle de l’orgasme (Orgasm Control) : une dynamique dans laquelle le plaisir, son rythme et son aboutissement deviennent un terrain de jeu relationnel et sensoriel.

Concernant le edgeplay, Il est important de ne pas le confondre avec le edging car cela désigne un tout autre ensemble de pratiques BDSM. L’edgeplay regroupe des jeux dits « à risque » ou plus extrêmes, tels que les jeux de respiration (asphyxie érotique), les jeux avec le feu, les couteaux, la peur, les variations de température, la cire chaude ou encore certaines formes de jeux de consentement non-consensuel simulé. Contrairement au edging, ces pratiques nécessitent une expertise avancée, des règles de sécurité strictes et une connaissance approfondie des limites de chacun.

Peut-on pratiquer le edging en solo ? 

Oui, absolument, lors de  la masturbation . D’ailleurs, commencer en solo est souvent une très bonne idée avant de le pratiquer à deux. Cela permet d’appréhender votre seuil de tolérance à la frustration et d’identifier ce qui fonctionne spécifiquement pour vous. Le edging demande un peu d’entraînement : il faut parfois du temps pour trouver le bon équilibre entre excitation et contrôle. Mais avec la pratique, les sensations peuvent devenir vertigineuses.

C’est une excellente manière d’apprendre à mieux connaître votre corps, à comprendre comment il réagit à certaines stimulations, quels gestes, rythmes ou pressions vous font basculer. Vous pouvez pratiquer le edging avec vos mains ou avec un sextoy, selon vos préférences.

Pour stimuler le pénis, nous conseillons le cockring non vibrant pour retarder et intensifier le plaisir. La stimulation du frein est également un excellent moyen de cibler une zone précise tout en prenant le temps de faire monter l’excitation et de jouer avec les limites.

Pour stimuler le clitoris ou le vagin en edging, nous conseillons le wand pour des massages progressif et un stimulateur clitoridien à doigt  comme le Touch Me ou le Kisscool de Love to Love pour mieux garder le contrôle de ses sensations.

Pour aller plus loin dans sa pratique, le Gooning est tendance ces dernières années. Il s’agit de surfer sur la vague du plateau pour atteindre un niveau de “goon” , c'est-à dire, une dissolution de la conscience, un état de transe. 

Pourquoi pratiquer le edging ? 

Le edging offre de nombreux bienfaits, tant sur le plan physique qu’émotionnel.

Il renforce la confiance en soi car il permet de mieux comprendre son corps, d’explorer ses limites, ses zones de plaisir, sa relation à la frustration et au lâcher-prise.

En couple, il permet de prolonger et d’intensifier la relation dans l’intimité en prenant le temps de mieux se découvrir et se connaître. 

Le edging aide à réinventer les rapports sexuels, en sortant de l’anxiété de performance et de la quête de l’orgasme à tout prix. Il invite à être pleinement présent, attentif aux micro-réactions, même les plus inconscientes.

Enfin, lorsque l’orgasme survient, il est souvent vécu comme plus intense, plus ample, plus profondément savouré, parce qu’il a été attendu, retenu, désiré.

Le edging n’est pas une technique à maîtriser à la perfection, mais une invitation à ralentir, à ressentir et à redonner au plaisir toute sa profondeur.

Le edging consiste à amener l’excitation presque jusqu’à l’orgasme puis à s’arrêter ou faire une pause pour prolonger et intensifier le plaisir.

Oui, le edging peut se pratiquer en solo lors de la masturbation pour mieux connaître son corps et contrôler son excitation.

Le edging permet de décupler les sensations, de ralentir le rythme des rapports et de vivre des orgasmes plus intenses.

Coline

Coline

L’écriture est un formidable moyen pour se défaire des injonctions et explorer son intimité sans complexes. 1969 m’offre un terrain de jeu infini pour défaire les codes de la sexualité et l’appréhender avec plus d’inclusivité et d’authenticité.

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